Hydroptere vue du haut bateau

Il y a plus d’un siècle, en 1909, Louis Blériot révolutionnait le ciel en traversant la Manche en 37 minutes. Une première dans l’histoire de l’aviation.

C’est une révolution maritime, il ne flotte pas, il vole.

En 2005, Alain Thébault pulvérise ce record : les 35 kilomètres entre Douvres et Calais sont parcourus en 34 minutes et 24 secondes. Cette fois, la mer prend le pas sur les airs. Un curieux voilier est alors dévoilé au grand public. Avant-gardiste, le trimaran le plus rapide du monde n’est pas un simple bateau : c’est une révolution maritime. Il ne flotte pas, il vole.

 

Hydroptere bateau

Dans les années 80, lorsque Eric Tabarly imagine ce trimaran, personne n’y croit. La critique démonte ce voilier doté de foils, des « ailes » marines déployées à 45 degrés dans l’eau, permettant de générer une poussée vers le haut et d’optimiser tous les principes d’Archimède. Alain Thébault, concentré de fougue et de fragilité, âgé d’une vingtaine d’année, rencontre le navigateur. Rusé, acharné, un brin provocateur, le skipper gagne la confiance de Tabarly.

Accompagné par ses « papés », de grands ingénieurs issus de chez Airbus et Dassault, Thébault imagine l’hydroptère. Durant vingt ans, maquettes en bois et prototypes se succèdent. Le bateau s’offre des bras de liaison équipés d’amortisseurs surdimensionnés, inspirés des trains d’atterrissage des avions de ligne. Les ingénieurs conçoivent une suspension dérivée du Rafale permettant de remonter les foils durant les pics d’efforts, puis de reprendre sa position initiale avant la vague suivante. Le groupe place à bord une centaine de capteurs qui mesurent les vitesses, les pressions et les torsions. Les données sont modélisées sur un simulateur de vol afin d’analyser les réactions du bateau et d’améliorer ses réglages.

Hydroptere bateau en mer

Saluer l’ambition d’un homme désormais surnommé le « fou volant ».

Depuis 2005, les héritiers d’Ulysse et d’Icare tentent les records, les remportent et les créent. A plus de 50 nœuds, le rêve de Tabarly, d’Alain Thébault et d’une myriade de navigateurs prend enfin vie.

Si au large, vous apercevrez ce voilier s’envoler, ne soyez pas étonnés. Saluer simplement l’ambition d’un homme autrefois incompris, désormais surnommé le «fou volant ».