Louis vuttionFS2014 33

Entre l’Inde et les flancs enneigés d’une Chine bien mystérieuse, dans une gare presque déserte, la nuit pose son voile. Je suis le gardien de l’ouvrage fait de verre et de métal. Je veille sur celui-ci et annonce les arrivées et les départs des rares géants d’acier qui osent entrer dans ce lieu aux multiples légendes.

Dans ce froid hivernal, aucun signe de vie… Et puis, une fumée épaisse et un retentissant sifflement signalent l’entrée en gare d’un train bleu. Après avoir salué le conducteur, je remonte le quai. Le nom de « Louis Vuitton, Himalaya – Bhoutan » est noté sur les wagons …

Le train s’apprête à accueillir un grand nombre de voyageurs en quête de sensations. Cet hiver, en l’an 2014, s’avère plus rude que ceux des années et des siècles précédents. J’attends avec une certaine impatience les braves hommes, les futurs conquérants destinés à s’aventurer sur le toit du monde.

Un premier gentleman arrive. Long manteau de cachemire, le vêtement de l’homme s’approprie la couleur et le dessin de l’once, cette panthère des neiges devenue désormais de plus en plus rare, traquée par les envahisseurs. Adopte-t-il son pelage pour se retrouver au plus près du fauve ?

Un autre, certainement le chef des expéditions, débarque. En costume deux pièces, il avance d’un pas assuré. Protégé dans un duffle-coat blanc comme la neige, rehaussé d’une fourrure foncée, il pénètre dans le premier wagon, tout en observant la troupe d’aventuriers attendant sous le porche de la gare. L’homme porte sur son dos une malle, rappelant l’origine et le savoir-faire du nom Vuitton…

Cinq personnes s’avancent… vêtues de tenues non conventionnelles pour un voyage dans les entrailles d’une montagne périlleuse … nœuds papillon, pantalons stricts, vestes de smocking singulières, le point commun de ce groupe d’hommes réside dans les imprimés … atypiques, ceux–ci s’inspirent des imprimés floraux en jacquard de style baroque français, qui ornaient, dans un siècle passé, les vestes en soie. Associés aux motifs floraux pourtant classiques, les arts traditionnels de l’Himalaya laissent également apparaître sur les tissus, un ensemble de détails picturaux représentant des animaux aux dents acérées et aux yeux globuleux. Signe annonciateur d’une rencontre prochaine ?

Les derniers voyageurs embarquent. Parés de pardessus ceinturés de cordes d’escalade, de chaussures de randonnées aux multiples matières nobles et luxueuses et d’anciennes lunettes de soleil utilisées par les aviateurs, ils disparaissent du quai. Le train siglé Louis Vuitton s’échappe soudain… l’homme contemporain s’apprête à vivre un hiver redoutable. Le voyage vers l’Himalaya vient de commencer …