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La guitare professionnelle, au-delà d’être le moyen d’expression le plus commun des pseudo-rebelles et autres poètes, peut également être, une véritable œuvre d’art que nous serons fiers d’exhiber sur scène ou tout simplement accrochée sur un mur. Ses formes et sa beauté y seront mises en valeurs et feront de la guitare un élément parfois central d’une décoration raffinée et épurée.

Passons sur les marques reines du marché, œuvres des ingénieurs et luthiers américains, pour nous arrêter sur la classe à la française, mélange d’une tradition artisanale et de lutherie parfaite et unique.

Penchons-nous sur le travail de James Trussart.

Luthiers des stars, le nom de Trussart est aussi connu aux États-Unis qu’en France. Il conçoit des guitares pour Ben Harper, Bob Dylan, Eric Clapton (pourtant le premier représentant de la marque Fender) ou Keith Richards et des douzaines d’autres soldats de la musique populaire.

Il vient même de faire la couverture de « Premier guitar », un des plus prestigieux magazines  américains.

Après une expérience dans la musique, entre 1972 et 1981, aux USA, Trussart ouvre en 1984 son premier atelier à Pigalle, entre deux sex-shops mais aussi près de la Cigale ou l’Elysée-Montmartre, lieux dans lesquels il fit connaître des « guitar tech ».

Ayant déjà travaillé le métal auparavant, Trussart conçoit ses propres guitares en acier, dessinant ses contours de A à Z, travaillant souvent vingt heures sur un même modèle.

Le premier client, Taj Mahal, en 1985, lui achète pour les besoins d’un concert au New Morning un modèle Hollow body. Le bouche à oreille fit le reste.

Dans son atelier de Los Angeles, le travail de James Trussart et unique en son genre. Tout est « custom », en relation avec de la carrosserie.

Le spin-striping (graphisme peint, utilisée sur les voitures ou les motos custom à partir des années 50). Le chrome, l’acier, Trussart a la particularité de faire emboutir ses corps en acier, au lieu de faire deux soudures sur les côtés (« bien plus classe et plus résistant » dixit l’artiste).

Ses boutons de volume et de tonalité eux aussi sont « custom », inspirés des vieux boutons de radio Chrysler.

L’atelier sort environ 400 guitares par an aujourd’hui. Il emploie cinq artisans à plein temps dont un Anglais surtout préposé à la gravure, unique pour chaque modèle. Tous sont ou ont été musiciens !

Style unique, qualité de produit inégalée, James Trussart ne tombe pas dans la facilité de la commande de masse ou d’une fabrication de chaine en Asie, il provoque l’originalité.

Avoir une Trussart chez soi, en exposition ou prête à subir tous les outrages, prolongement sacré de l’âme du musicien, c’est choisir une marque de noblesse respectant l’artisanat. C’est aussi faire preuve de bon goût et affirmer sa culture musicale.