Depuis 2017, la tour de Gâtebourse, vaste bâtiment moderniste singulier au cœur de la ville de Cognac, est devenue la Fondation Martell, un lieu dédié à l’art sous toutes ses formes et propose de nouvelles expériences en matière de production artistique, de recherche et de médiation grâce à des expositionsateliers, des événements, des résidences…

Cette année, ce nouveau pôle de création et d’innovation, accueille deux expositions interactives et collectives : Places to be et Sagmeister & Walsh : Beauty.

La première, Places to be, accueille 14 designers internationaux. A l’image du célèbre Cluedo, 14 designers internationaux ont eu pour mission de créer des « lieux d’êtres » habitables. Pour se faire et garantir la créativité de chacun, les artistes n’avaient, comme seule information, la superficie de leur espace !

Avec pour mission de créer un environnement à valeur d’usage quotidien par les visiteurs et non de musée, la commissaire artistique Nathalie Viot et Laurent Geoffroy, designer dans l’entreprise charentaise Chalvignac, ont conçu d’énormes cuves en inox variant de 2,50 à 3,50 mètres de haut. Cette monumentale structure évoque les paysages surréalistes du peintre italien Giorgio et accueille les créations de :

-       Clément Brazille pour une revisite du hall. Ce lieu de transition accueille la table et les tabourets en chêne réalisés par les Ateliers du faire, situés au premier étage de la fondation et dans lequel des résidents travaillent le verre, la céramique, le bois ou encore le tissu.

Lobby by Clément Brazille for the exhibition Places to be in the Fondation d'entreprise Martell © C.K. Mariot
©-C.K.-Mariot

-       Yuan Yuan invite à stimuler ses 5 sens dans un espace sur le thème des nuages. Alors que 3 cumulus mobilisent les l’odorat et le toucher, l’altocumulus et ses 580 écailles aux 7 teintes invitent à un jeu de lumières évoquant les différentes couleurs que prennent les nuages selon l’heure du jour. Le cirrus central est une invitation à voyager dans l’imaginaire et à plonger la tête dans les nuages.

©-C.K.-Mariot
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-       Ornaghi & Prestinari revisite la chambre et l’intimité du couple. Deux individus qui ont la possibilité de trouver un espace commun pour échanger, se rapprocher en se déplaçant au-delà de la cloison étagère qui sépare une partie du lit. Quant aux lumières, elles sont elle-mêmes un jeu, un terrain d’entente ou non !

©-C.K.-Mariot
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-       Jerszy Seymour imagine un prototype conçu comme un écosystème autonome. Les organes peints en rose fluo se greffent à un squelette peint en noir tandis qu’un panneau solaire coloré en vert joue les rôles de poumon et de cœur.

©-C.K.-Mariot
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-       Anima One repense l’escalier en colimaçon comme un belvédère. Tournant sur lui-même, il permet d’observer la scénographie d’une autre manière.

©-C.K.-Mariot
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La designer réinterprète le salon. Composé de blocs minéraux aux fonctions mystérieuse, d’étagères en forme de visage et de lumières au mouvement imperceptible, l’espace appelé Das Stumme spricht (inspiré du livre éponyme d’Herman Hesse) invite à la contemplation, au silence.

©-C.K.-Mariot
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-       Matali Crasset reinvente la cuisine et explore la frontière entre un monde « du dessous » et un monde « du dessous », des mondes où l’on cuisine, se retrouve, s’installe, échange autour de ce que la nature a à nous donner !

©-C.K.-Mariot
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-       Jenny Feal s’empare du blanc pour symboliser la liberté individuelle et le rouge des luttes sociales et de l’espoir du communisme pour décorer sa bibliothèque, un lieu chargé d’histoire(s) évoquant le destin de son grand-père, écrivain cubain persécuté par le régime castriste. Dans cet espace, le hamac, la chemise, les chapeaux sont des objets rappelant Cuba.

-       Céline Thibault & Géraud Pellottiero repense la véranda en puisant son inspiration à travers le monde. Inspirée par l’engawa japonais, cette véranda rassemble des éléments structurels rendant hommage aux savoir-faire charentais. Invitation à la zénitude, ce jardin est un voyage intérieur que l’on vit seul ou accompagné.

©-C.K.-Mariot
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-       Porky Helfer aménage un nid gigantesque et suspendu surplombant des coquilles de noix. Tel un oisillon, on se laisse porter par la douceur des peaux de mouton et les gazouillis d’oiseaux s’échappant dans le lieu.

©-C.K.-Mariot
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-       Wendy Andreu présente dans la dernière cuve, un dance floor revisité dans lequel Marie Davidson fait vibrer les visiteurs avec son titre Chasing the light sous les néons aux courbes flottantes et la boule à facettes tandis qu’une tapisserie évoquant les maillons d’une chaine vient renforcer l’intimité du lieu.

-       Stephane Bottard signe le dernier lieu et livre un espace appelé Au bout du monde. De la sagesse de la forêt à la puissance de l’océan, on se laisse porter par les images. On respire !

©-C.K.-Mariot
©-C.K.-Mariot

La fondation Martell invite, avec cette installation, à repenser le design, l’espace avec le regard d’artistes internationaux !

Sagmeister & Walsh : Beauty

© Jean-Francois Tremege
© Jean-Francois Tremege

Conçue par Stefan Sagmeister & Jessica Walsh, Beauty plonge le visiteur dans une exposition interactive et sensorielle. Elle nous interroge sur l’importance de la beauté dans nos existences et nous amène à réfléchir sur la question fondamentale « Qu’est-ce que la beauté ? »

Au fil des espaces, la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe sont mobilisés dans cette expérience. Différentes questions sont posées et différents thèmes comme l’architecture, la lumière ou encore les paysages permettent de trouver des pistes pour comprendre ce qu’est la beauté et ce qu’elle apporte !

© Jean-Francois Tremege
© Jean-Francois Tremege
© Jean-Francois Tremege
© Jean-Francois Tremege

Les deux expositions sont en entrée libre. Le mercredi, les visites sont racontées (activité payante). Plus d’infos ici