Propriété de la Dorchester Collection, l’hôtel « The Beverly Hills » provoqua en 1912 la naissance de la ville éponyme. Puis, il devint rapidement un lieu où les légendes hollywoodiennes abritèrent leurs histoires dans les célèbres bungalows. Cet endroit surnommé « Pink Palace » a récemment célébrer un siècle d’existence.

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La voiture glisse le long du mythique Sunset boulevard avant de stationner sous une grande toile aux bandes vertes et blanches. Fruit du hasard, Sinatra, qui avait pour habitude de séjourner en ces lieux, entonne les derniers mots  de « My way ». Le voiturier ouvre la porte, laissant les chasseurs m’accueillir comme s’ils n’attendaient que moi, m’appelant par mon nom. En rejoignant la réception, un sentiment surprenant s’empare de moi. Serions-nous en cours de tournage ? Non, ici, les résidents sont « Smart » ; le mot prend tout son sens. Voici le lieu où il faut être décontracté mais chic, élégant mais guère extravagant. Le dress code a toute son importance. Les dames déambulent à travers l’hôtel tandis que les époux et autres amants s’entretiennent au « Polo Lounge ». Là où Marlène Dietrich brava l’interdit en pénétrant dans le club, vêtue d’un pantalon, là où Humphrey Bogart et Dean Martin retrouvèrent les autres membres de « The Rat Pack ».

A mon tour, je parcours les couloirs jusqu’à atteindre mon « Presidential Bungalow ». Alors qu’on me présente les lieux, cette interprétation moderne du design traditionnel me laisse sans voix.  Le soleil couchant frappe de ses couleurs orange les murs clairs du grand salon alors qu’un cocktail patiente sur le bar de la cuisine. Au cœur de la salle de bains d’un blanc immaculé, je découvre une imposante baignoire aux lignes contemporaines. L’eau, à température idéale m’attend déjà. Que puis-je demander de plus ? Après m’avoir salué, le majordome me laisse profiter des installations en ayant pris soin de me préciser mon planning. La limousine du Beverly Hills sera là dans une heure et demie, je ne peux guère laisser le temps m’échapper.

Durant une poignée de minutes, j’écoute un air jazzy, me plonge dans un bain relaxant avant de regagner la master bedroom dans laquelle les valises ont été posées. Smocking noir, chemise blanche, me voilà fin prêt pour une sublime soirée. Au bord de la piscine privée entourée d’un jardin luxuriant, les derniers appels de la journée ne peuvent attendre davantage.

Et puis, le chauffeur est là. On traverse Sunset Boulevard, le moment tant attendu arrive. Sur le tapis, toute l’équipe salue le public venu en masse. Enfin, devant le grand écran, les rideaux rouges se lèvent. Le film commence. Je regarde autour de moi les réactions. Avons-nous réussi à toucher notre fidèle audience ?

De retour de ce moment spectaculaire, je traverse l’oasis afin de décompresser. Je découvre alors les multiples habitations de haut standing. S’il le pouvait, le bungalow n°3 me raconterait l’histoire de Liz Taylor et d’Eddie Fisher. Quant au numéro 4, il m’expliquerait la vie d’Howard Hugues, tout comme le mythique bungalow 5, qui abrita l’histoire d’amour entre Marylin Monroe et Yves Montand. Une Marilyn omniprésente grâce au personnel qui lui rendit hommage en baptisant son bungalow préféré, le numéro 7, « Norma Jean ». J’arrive enfin au grand escalier menant à la piscine. La nuit est tombée. L’architecture espagnole de celui que l’on surnomme « Pink Palace » dévoile un nouveau visage. Une légère brise faisant virevolter les drapeaux sur le toit du bâtiment principal me pousse à descendre les marches afin de retrouver les convives. Le champagne coule à flots pour les festivités.

Une dame s’approche alors de moi, me prend par le bras et me dit «  Fermez les yeux Monsieur. Laissez-moi vous mener dans le passé ». Doucement, elle me chuchote : « Nous sommes le 12 mai 1912 lorsque Margaret J.Anderson et son fils Stanley ouvrent le Beverly Hills Hotel à la suite d’infructueux forages destinés à trouver du pétrole en 1906. Avec la découverte d’eau, Burton Green fonde la Rodeo Land and Water Company afin de développer son projet de ville. Il persuade les Anderson, propriétaires du renommé Hollywood Hotel de construire un nouveau lieu de résidence. En 1914, les terrains secs et désolés autour du palace sont désormais la propriété de célébrités. Le complexe de luxe s’offre des boulevards bordés d’immenses palmiers. Beverly Hills, la ville vient de naître autour de ce nouvel hôtel éponyme. Depuis, le succès n’a jamais quitté le palace et ses bungalows, qui furent et restent le théâtre de rencontres riches et étonnantes. Bienvenue à Beverly Hills Monsieur ». Me laissant seul au bord de la piscine, elle se lève et part. Alors, je me remémore ces mots et m’attends à une rencontre improbable dans ce lieu mémorable.