C’est souvent de la même manière – étrange – que mes voyages commencent. Seul face à mon ordinateur, je frappe les mots sur mon clavier. Soudain, mon cœur s’emballe. C’est lui. Lui, l’indomptable homme que je croise éphémèrement lorsque nos pulsions se font plus fortes que la raison. Mon amour impossible me demande « Veux-tu venir ? ». Sans attendre, je réponds « Oui, j’arrive ». La route, plongée dans le noir d’une nuit d’automne, défile à toute vitesse tant je roule vite, trop vite sûrement.

Amarterra Villas Bali Nusa Dua Terra Terrace restaurant 1

Interphone 11, l’ascenseur me ramène à lui. Nous discutons, faisons l’amour, nous sommes forts comme si le monde nous appartenait. La nuit nous rattrape et nous emporte dans un sommeil profond. Le petit matin marque le renouveau, le départ d’un lieu qui fut autrefois le mien, l’envolée pour une nouvelle destination inconnue. Ses yeux sont tristes mais c’est ainsi à chaque fois…

Bali Ngurah Rai International Airport

Me voici enfin arrivé ! Après un long vol, un voiturier est venu me chercher pour me déposer plus tard face à la grande entrée de l’hôtel Amarterra. La voiture se stoppa sous d’impressionnants arbres éclairés depuis le sol, augmentant la hauteur de ceux-ci. Devant moi, un imposant et long mur rougeâtre au milieu duquel se tenaient trois portes. L’humidité ne me surprit pas, elle fit même surgir les souvenirs d’un précédent voyage. J’ai atteint le sommet du grand escalier et découvert le paradis.

Face à moi, deux pavillons, un grand escalier me permit à une passerelle sous laquelle l’eau vibrait paisiblement. Le calme régnant m’apaisa, la fatigue d’un long voyage fut oubliée rapidement tant le paysage magnifique me tint en éveil.

Après un passage par le lobby, la réception et un prompt accueil, je découvris la résidence. Dans la « One bedroom Villa », le bois foncé s’emparait des murs, des sols et des meubles. L’architecture balinaise me fit sentir tel un prince perdu dans un palais d’autrefois. Cette fois, le confort fut bien présent et très vite l’appel de la nature se fit plus fort. Sous les cris et les bruits des animaux, j’ai plongé dans une longue piscine. L’eau jaillissait d’un mur blanc alors que la végétation me protégeait des regards indiscrets. Sous la pluie fine et fraîche de la douche, j’ai nettoyé mon corps du stress accumulé durant ce vol, durant les dernières heures à Paris avant le départ. Et la nuit commença véritablement. Dans la pénombre, mon regard se perdit dans un tableau extraordinaire aux multiples couleurs. Derrière ce toit pointu, les étoiles brillèrent de mille feux, étoiles que je rejoignis dix minutes plus tard.

Au petit matin, dans une chaleur réconfortante et sur la terrasse du restaurant, le petit déjeuner commença de la meilleure manière qu’il soit, une journée pleine de surprises. À côté de ma table, un homme dégusta ses fruits frais et entama la conversation. Bali, sa philosophie Tri Hita Karana et d’autres thématiques rythmèrent notre entretien. L’homme m’expliqua la relation entre les Dieux, l’Humain et la Nature. Une triangulaire indissoluble qui avait fait de Bali le lieu que je découvrais aujourd’hui. L’homme s’en alla et me demanda de revenir le lendemain. Pendant mon soin au Spa, je demandai conseil sur cet homme « étrange ». Ma thérapeute m’écouta sans pour autant me répondre. Un sourire se glissa sur son visage, sans plus. Jour après jour, je suis revenu comme l’homme me réclama à chaque fin de nos discussions. Il me parla de l’eau et de la terre, éléments de vie, symboles de forces et d’harmonie.

Je me sentis bien. Jour après jour, chaque chose réalisée à l’Amarterra me fit reprendre contact avec cette nature oubliée. Nature que le lieu valorisait depuis son ouverture. Je compris alors le sourire permanent affiché par le chef que je croisais régulièrement durant l’écriture de mon prochain livre. Posé sur les marches, je le voyais sortir à la même heure pour dominer du regard ce monde, son monde en réalité… il me souriait et sans aucun mot, il rentrait. Il était épanoui.

Au dernier matin, j’avais rendez-vous avec cet homme. Il n’est pas venu. À mon arrivée dans le Spa, il y avait le bruit des vagues. J’avais envie de retrouver cette liberté, de partir sur les flots et affronter la force de la Nature, j’avais envie de redécouvrir une mer calme après la tempête. Pour apaiser ma fougue, la thérapeute prit une vasque de métal sur laquelle elle fit tourner un instrument. Au-dessus de mon corps détendu, les ondes provoquées par le frottement me reposèrent et libérèrent tranquillement… j’ai alors demandé une dernière fois qui était cet homme mystérieux. Elle ne m’a guère répondu. Était-ce mon libérateur ?

Au dernier soir, mon amour impossible m’envoya : « Comment vas-tu ? Quand rentres-tu ? ». Je souhaitais répondre « jamais » à la seconde question. J’ai simplement noté : « Je vais bien. Je me sens libre, vide de tous les doutes enfouis. Et toi, comment te sens-tu ? ». Il me répondit simplement : « Pourrais-je découvrir Bali avec toi ? »…

Était-ce un signe de renouveau ? Désormais, je peux répondre par la positive. L’amour impossible devint possible.