Célèbre pour avoir accueilli George Clooney lors de son mariage, l’Aman Canal Grande, réalisé par Jean-Michel Gathy, est un lieu unique et inoubliable. Découvrez l’expérience Aman Resort à Venise.

RS2175_Aman Canal Grande Venice - Exterior (2nd fr right)

L’aman Canal Grande, l’expérience unique

Au décollage de Paris, je savais qu’un grand moment se produirait ! Venise, nos retrouvailles, cette ville aux eaux montantes, débordantes, aux clichés réduits à une démonstration d’un amour à deux sur une gondole. Depuis le ciel, je vis ce que je craignais… de l’eau, beaucoup d’eau, trop d’eau … Et puis, j’ai aperçu un morceau de terre sur lequel tu devais patienter… L’avion s’est posé, le chauffeur a ouvert la porte pour m’emmener jusqu’aux rives de la lagune. Un Vaporetto, moi … Et personne d’autres.

RS1948_Aman Canal Grande Venice -  Exterior (left)

Le bateau a filé, s’est heurté aux vagues venues nombreuses en cette journée pluvieuse pour finalement s’engouffrer dans les ruelles aux façades colorées de la Sérénissime. Les yeux grands ouverts j’ai admiré, observé, découvert les détails des palais et autres demeures. Mon regard était à la recherche d’une imposante façade blanche, remarquée sur l’une des photos envoyées avec ta lettre. Un sourire se dessine sur mon visage, je vois enfin le Rialto, l’un des quatre ponts du Grand Canal. Notre hôtel, l’Aman Canal Grande, se situe non loin.

RS2172_Aman Canal Grande Venice - Exterior (2nd fr right)

J’ai alors entre mes mains ce cliché capturé un matin. À la main, sous une flèche (très artistique par ailleurs), il est noté « Je suis là sur le ponton ». Et pourtant, au plus le bateau approche de ce lieu prestigieux, au plus le ponton semble vide… Une silhouette m’attend mais elle ne t’appartient guère… mon Smartphone s’affole… les emails s’accumulent. Le dernier a pour objet « Mon absence ». Tu m’y apprends que tu as un empêchement, que tu ne viendras pas, que tu es désolée. Tu me demandes de vivre ce voyage pour nous deux … Un email auquel je ne réponds pas…

RS1942_Aman Canal Grande Venice - Reception Hall

L’Aman me paraît bien vide soudainement mais pour garder ma fierté, j’affiche un sourire. Le concierge (formidable) m’accueille, me présente les lieux et m’introduit auprès d’une élégante dame qui me guide à travers le palais vénitien. Nous quittons alors le rez-de-chaussée au damier en marbre rouge et blanc. Un grand escalier décoré d’un atypique trompe-l’œil nous guide vers une grande salle fraiche et sombre. C’est un premier salon au lustre imposant et aux boiseries gravées dans une autre époque. Nos pas nous mènent jusqu’à la splendeur d’un autre salon. Vaste, aux tentures dorées, et aux plafonds décorés de peintures anciennes, l’endroit est baigné par la lumière d’un soleil perçant les nuages accumulés et rejetant toute ma tristesse liée à ton absence.

RS2164_Aman Canal Grande Venice - Grand Stairway
RS2165_Aman Canal Grande Venice - Credenza Room

C’est le salon des déjeuners, des rencontres, des moments de détente, c’est l’endroit des rêveries. On y admire depuis le balcon les façades multicolores des maisons anciennes bordant le grand canal. On y observe les gondoles se mouvant suivant les vagues plus ou moins fortes. On se laisse porter par la beauté du paysage. La surprise s’empare de moi. Venise me livre les secrets de sa beauté. Un verre à la main, je trinque à la beauté de la ville, à toi, à nous. Les mots de mon hôte me rappellent à la réalité…

RS1922_Aman Canal Grande Venice - Piano Nobile Lounge
RS1928_Aman Canal Grande Venice - Piano Nobile Dining Room

Je continue mon périple sous ses mots. Ce palais construit en 1550 par une famille de traders nommée les Coccina, fut racheté plusieurs fois avant de connaître son dernier propriétaire en 1864, la famille Papadopoli.

RS1930_Aman Canal Grande Venice - Piano Nobile Dining Room

Le Comte Gilberto Arrivabene Valenti Gonzaga, petit-fils de la famille Papadopoli a ouvert un partie de son palais au groupe Aman afin de redonner au lieu son lustre d’antan. Je quitte alors les anges de cette pièce pour me diriger vers un ascenseur. Lorsque les portes de celui-ci s’ouvrent sur notre point d’arrivée, je découvre un piano disposé au milieu d’une pièce contemporaine. Plus loin, une petite chapelle au décor moderne devient un lieu de passage menant aux chambres. La porte située au bout du couloir est la mienne. Hormis le craquement du plancher en bois, le silence règne.

RS1918_Aman Canal Grande Venice - Canal Grande Suite Bedroom

Je suis désormais seul, pensif face à ce paysage que nous aurions dû admirer à deux. Les cookies conservés sur le meuble de l’entrée comblent ma faim grandissante. Je me pose dans l’un des deux fauteuils, le temps de repenser à cette arrivée différente de celle prévue. Ma soif de découverte est grande et l’appel de Venise résonne en moi.

RS1912_Aman Canal Grande Venice - Palazzo Stanza Bathroom

Après avoir été surpris par l’immense salle de bains de ma suite, après avoir pris le temps de découvrir ma chambre mêlant le présent au passé, je redescends les grands escaliers pour arriver à la réception. Le concierge a changé mais l’accueil personnalisé est toujours existant. Je demande des conseils à l’homme. Muni d’une carte et des astuces de ce guide singulier, je quitte l’hôtel, parapluie à la main, par la petite cour arrière. 

Elle me mène à une petite ruelle, qui elle-même me conduit aux artères de la ville. Je me rends compte que l’adresse est secrète, que l’entrée est dissimulée, que l’Aman est perdu dans une ville vidée par la pluie. Le pont du Rialto, les théâtres, les églises, et les canaux ponctuent mon parcours. Je découvre Venise et me laisse enchanter par son cadre historique. Je monte, descends, remonte et redescends les multiples ponts iconiques de cette ville sortie des eaux. Après un passage sous de vieilles arches, la place San Marco s’ouvre à moi. Le Palais des Doges, le Campanile, la Basilique ont les pieds dans les eaux montantes.

Marchant, comme les vénitiens, sur des passages surélevés et improvisés, je pénètre dans la Basilique pour y découvrir son art. Dans ce vieil ouvrage, l’émotion est grande. La pénombre laisse les maux s’échapper… Ma place n’est guère ici. Dehors, sur les rives de la lagune, je regarde l’horizon. C’est étrange comme ce paysage me paraît singulier, beau et étrange… Je ne me suis jamais senti aussi loin malgré les nombreux voyages à mon actif. Sous une pluie battante, Venise a un autre visage… Sans toi, la ville des amoureux a une autre saveur… Je regagne l’Aman Grande Canal en arpentant les ponts, en admirant cette eau tantôt limpide, tantôt sombre. Près du Rialto, un restaurant typique me donne envie de tester les saveurs locales…

Sous une pluie battante, Venise a un autre visage…

Du vin, des lasagnes, le ton est donné. Dans ce lieu, le gens échangent très fortement. Derrière moi, des français se plaignent, devant moi, des anglais se taisent et savourent leurs plats. Autour de moi, les italiens parlent de la politique, échangent sur la ville … Le serveur me demande comment fut mon plat. Je me lance alors dans un italien approximatif « Delizioso ». Il sourit et m’amène la suite. Le tiramisu achève ce repas. La pluie s’est enfuie. Je parcours les ruelles étroites de Venise, regagne l’hôtel par la petite cour, rends le parapluie au concierge et me demande mon avis sur la ville. J’ai adoré ce moment d’échange. Après avoir parcouru les couloirs et les vastes salons, je regagne ma suite.

RS1898_Aman Canal Grande Venice - Maddalena Stanza Bathroom

Dans la salle de bains, la chaleur de l’eau embrume les miroirs. Lumière tamisée, musique relaxante, l’heure est à la détente. Cette solitude inattendue n’est finalement pas si mal. Avant de me jeter à corps perdu dans le lit, je découvre les lieux en solitaire. En descendant de deux étages, je retombe sur une ancienne bibliothèque, là où les livres auraient des milliers d’histoires à nous raconter. Au milieu de la pièce, un vieux bureau aux pieds sculptés devient mon terrain de jeu. Un puzzle, commencé par un résident, ne demande qu’à être complété. Je m’amuse alors à étaler les pièces pour l’achever. Et puis à 2h00 du matin, l’heure est venue de me glisser sous la lourde couette blanche pour m’endormir. Un dernier regard sur la ville assoupie et me voilà parti dans les songes d’une nuit…

RS1935_Aman Canal Grande Venice - Library

Au petit matin, la quiétude de l’Aman a eu un effet positif sur moi. Après la douche, c’est au grand salon que je redécouvre la gentillesse du personnel. Installé face à la fenêtre, je profite d’une lumière généreuse et chaude. On me demande alors mes envies gourmandes. Croissant, pancakes, cappuccino seront mes gourmandises du matin. Une dame m’apporte le journal français. Elle me sourit, me le tend et s’échappe discrètement. Alors que Paris est agité par la politique, alors que les évènements frappent le monde, une mère et sa fille, venues d’Amérique, échangent avec un serveur venu d’Asie. Et puis soudain, les trois se prennent dans les bras les uns des autres et se remercient mutuellement des échanges et de ce séjour. Ce moment me remplit d’espoir alors que le journal venait d’en détruire une partie.

Revigoré par ce moment, j’ai savouré les pancakes, les meilleurs que j’ai pu déguster au cours de mon existence, j’ai pris une photo de ce drapeau italien flottant fièrement au-dessus du canal. Je l’ai partagé sur tes réseaux sociaux comme un signe pour te signifier que j’étais bien arrivé…

aman drapeau italien

Sous un soleil majestueux, j’ai marché à travers la ville, pris quelques photos et me suis perdu dans la Venise. Les gondoliers chantaient, les touristes fleuretaient, et moi, je me surprenais à tomber amoureux de cette ville où la légèreté côtoie l’art et le luxe. Installé au restaurant du Muséo Correr, face à la Basilique, j’ai gouté au véritable et redoutable café italien… un couple dessinait les monuments, une demoiselle écrivait, les gourmands étaient devenus spectateurs d’un spectacle naturel… Le soleil frappait les toits des ouvrages, ce fut reposant à vrai dire… Comme me l’a conseillé le concierge, je me suis promené dans les rues où les grandes maisons italiennes de luxe exposent ce qu’elles font de mieux, puis j’ai rencontré des artistes. Les touristes abondaient dans les rues sous ce soleil radieux. Pour moi, l’heure d’une sieste méritée sonna. Posé sur le lit, je me suis échappé le temps d’un sommeil réparateur.

RS1916_Aman Canal Grande Venice - Palazzo Chamber

Au réveil, le tea time était servi dans le grand salon. Quelques notes sur le piano laissé seul dans une spacieuse pièce moderne, et l’heure du diner ne tarda pas à sonner… Edward, un ami d’études, habitant non loin de Venise s’est invité…

RS1926_Aman Canal Grande Venice - Yellow Dining Room

Retrouvailles inattendues, cela nous a fait du bien de nous retrouver. La musique était discrète, le vin était parfait, la lumière était comme je l’imaginais… J’ai testé les pâtes, la fameuse spécialité. Je n’ai pas été déçu. C’était fameux. Je n’ai pas expliqué les détails de ma visite en solitaire à cet ami. Je lui ai juste dit que je voulais trouver l’inspiration pour mon prochain roman dont l’histoire devait se dérouler ici. 

En ramenant Edward sur le ponton, j’ai observé le bateau partir. Venise s’endormait paisiblement. Les touristes étaient rentrés. Le vent se levait. En restant seul, j’ai décidé que ce paysage et ce lieu seraient le lieu de commencement de mon prochain livre. Le concierge est venu me voir, nous sommes rentrés. Malgré la grandeur de ce lieu, je ressentis une dimension humaine dans tous les mots et tous les gestes.

RS1945_Aman Canal Grande Venice - Exterior (left)

Je suis monté me faire couler un bain… À 1h00 du matin, dans un bain chaud, je regardais le film présentant la restauration de ce palais désormais doté de 24 suites différentes les unes des autres. Les lumières se sont éteintes, j’en ai rêvé de cette rénovation. J’étais devenu l’architecte de ce lieu mais ce n’était qu’un rêve…

Dernier matin, j’ai profité une dernière fois de cette bibliothèque aux murs habillés de Cuir de Cordoue et décorée de milliers de livres appartenant au Comte. J’ai visité les salons cachés en me perdant dans ce lieu bien plus mystérieux que je ne l’avais imaginé. J’ai revu mon hôte, celle rencontrée à mon arrivée. C’est alors qu’en racontant mon expérience et mon envie future, elle me fit découvrir deux suites. La première sentait le bois. Les murs et le sol étaient réalisés avec ce matériau tandis que les chinoiseries données à cette suite des allures mystérieuses et raffinées. La seconde se trouvait derrière une porte cachée dans un mur décoré d’une tapisserie classique. Je suis passé de multiples fois devant ce mur sans ne jamais rien voir ! Incroyable !

RS1911_Aman Canal Grande Venice - Alcova Tiepolo Suite

Et puis j’ai découvert un écrin secret dédié aux amoureux, un lieu où le confort moderne rencontre une décoration issue du passé, faite d’anges en stuc et de peintures étonnantes. Je me suis perdu dans cet endroit unique et secret. La porte s’est renfermée discrètement.

En bas, mes bagages m’attendaient. L’heure de quitter le prestigieux hôtel était venue. Au fond de moi, j’étais triste à l’arrivée. Désormais, je suis triste d’en être parti… j’ai vécu l’une des plus belles expériences à la fois humaine et personnelle dans ce palais au passé chargé d’histoires et au présent marqué par l’excellence.

j’ai vécu l’une des plus belles expériences à la fois humaine et personnelle dans ce palais

Le concierge et la responsable de l’hôtel m’ont accompagné jusqu’au vaporetto. J’ai remis les lunettes de soleil. Je n’ai regardé qu’une seule fois derrière moi. Ce fut un long moment marquant … C’est comme si je quittais ma famille… Tous deux me faisaient de grands signes.

Une fois le Rialto passé, j’ai regardé droit devant moi, j’ai respiré profondément pour sentir toutes les odeurs de cette ville devenue depuis la source de mon roman. Et puis j’ai quitté Venise pour te retrouver…