Minna Parikka

A ses exigences, je ne peux que céder. J’avoue ma faiblesse, mon amour pour elle. Son intelligence, son élégance, son style ont conquis mon cœur depuis bien longtemps et pourtant, comme par défi, comme une réponse à ses désirs, je ne cesse de vouloir l’éblouir. Je la regarde, la dévore et en écrivant mes mots, je me souviens de son premier caprice.

Au lit, après avoir découvert son corps d’une robe de soie blanche, après avoir glissé mes lèvres sur sa peau, après avoir retiré ses petites chaussures roses, elle s’offusqua en me voyant les laisser vulgairement tomber. Le moment n’était guère propice au rangement, vous me l’accorderez. Alors, avec son léger accent anglais, elle s’arrêta et m’insuffla de délicats mots au creux de mon oreille : « Je suis très déçue de ce que tu as fait de mes Minna Parikka ».

Tout en m’excusant et en rangeant correctement ses talons hauts faits de cuir, j’ai continué ma grande aventure : la découverte de nos sens. Le temps est passé rapidement, nous avons débuté une nouvelle vie, une escapade à deux pour un temps infini. Nous avons discuté un soir de notre premier rendez-vous. Elle me confia l’importance de ces « Minna Parikka » et les efforts entrepris pour acquérir celles-ci. Très rapidement, j’ai compris sa réaction et mon engouement pour elle m’invita à lui faire découvrir l’univers de sa créatrice préférée : Minna Parikka.

Minna Parikka

L’avion nous mena jusqu’à Helsinki en Finlande. La capitale européenne du design présenta au moment de notre arrivée une pléthore d’événements et de lieux dévoilant le design sous toutes ses formes. Dans un décor sixties, elle découvrit avec un bonheur non dissimulé la collection Printemps/été 2012 « Heartbeats ». Comme une enfant qui admire un bijou, elle toucha les chaussures en cuir bleu ciel, orange, rose durant de longues minutes. Chaque détail fut observé avec attention, lui laissant imaginer une évasion ensoleillée où la romance et nos nuits électriques prendraient place.

Multiples motifs, maintes formes et divers talons lui firent tournés la tête. Elle était dans son élément et le bonheur fut à son comble lorsque la créatrice entra dans le pop-up shop, au Kluvi shopping center, là où nous nous trouvions. Une longue discussion s’engagea entre les deux femmes. Minna Parikka relata que son parcours commença à l’âge de 15 ans, lorsqu’elle fut subitement attirée par la création de chaussures. Londres marqua une étape importante dans sa vie. En y décrochant un diplôme dans le design « Mode », elle travailla et se nourrit des tendances du pays. Puis en 2005, après avoir découvert Barcelone et Milan, Minna rentra dans sa contré natale afin de lancer sa marque

Grâce à des créations originales et luxueuses, le succès arriva d’une manière fulgurante pour l’artiste qui considère les chaussures comme le Saint-Graal. Partageant la même opinion qua la fondatrice, ma fiancée semblait épanouie. L’heure de partir vint précipitamment. Accompagnés de nombreuses paires de chaussures originales, nous rentrâmes à l’hôtel. Comblée, ma belle m’annonça qu’elle n’était plus déçue d’un certain geste malheureux envers ses « Minna Parikka », le fameux soir de notre première nuit …