Damiani Paris 05 juillet 2012

Comme peu de privilégiés, elle reçut une lettre, une invitation spéciale envoyée par le célèbre joaillier Damiani. Sur l’enveloppe, il était écrit « Damiani charme Paris ». Elle s’y est rendue.

Paris, 05 juillet 2012. Jour de clôture de la semaine de la Haute Couture.

Spécialement venu de Milan, Monsieur Giorgio Damiani, vice-président de la Maison fondée en 1924, accueillit les invités. Enthousiastes, ils pénétrèrent dans un endroit feutré aux abords de la place Vendôme. Beatriz La Riva, la directrice de la boutique, les attendait afin de révéler les « Masterpieces ».

Sur les bustes, figés derrière les vitrines, les diamants brillèrent de mille feux. Noire ou blanche, la pierre emblématique du joaillier s’accompagna de rubis, de saphirs et d’une myriade de pierres. Ode à la féminité, à la sensualité, à la séduction, le florilège de pièces interpella la demoiselle.

Dans un regard furtif, elle aperçut des volutes de diamants étincelants. Sur des lignes douces, des courbes théâtrales, les volutes révélèrent une manchette « Décor », un bracelet étonnant et élégant devant lequel les femmes tombèrent en admiration.

En apercevant un corset honoré par le Robb Report du titre « Best of The Best 2012 Award », les élégantes se tournèrent vers les hommes préoccupés par la situation économique du monde. La manchette, empruntant au corset toutes ses subtilités, était la pièce majeure de la collection « Burlesque ». Réalisée telle une dentelle de diamants sertie de rubis finement taillés, les deux extrémités de l’apparat originel, se liaisonnèrent grâce à un lacet d’or blanc. Les regards s’attardèrent sur ce joyau. La demoiselle ne le quitta guère des yeux. Les gardes du corps redoublèrent de vigilance au fur et à mesure que la soirée se déroulait.

Et puis, Madame La Riva présenta deux pièces majestueuses d’une complexité joaillière époustouflante. La première « Médusa » provoqua chez les passionnées de Haute Joaillerie une envie de plonger dans le camaïeu de saphirs bleus composant cette cascade précieuse. La seconde, un collier nommé « Butterfly » emporta les dames dans un envol de papillons réalistes et enchanteurs. Poétiques et détachables à volonté, les lépidoptères quittèrent l’or blanc du collier et se posèrent sur les dames pour se transformer en broches et pendentifs. L’audience fut séduite, surprise, conquise.

Une coupe de champagne, quelques gourmandises, une myriade de pierres précieuses, les invités discutèrent de cette collection réalisée par le leader du marché en Italie. Et puis, ils quittèrent l’écrin. La mystérieuse demoiselle partit en regardant une dernière fois les lieux …

Minuit – hier soir
Stationné face au 02 place Vendôme, je patiente. La Maison Damiani semble dormir. Aucun bruit, hormis le chant des sirènes orchestré par le ballet des voitures de police.

Et puis, trois, deux, un … L’alarme retentit. L’erreur fut commise… A cette soirée, j’étais comme elle un journaliste. Dans la réalité, je la traque depuis quelques années, depuis le jour où nos regards se sont croisés et que je vis en elle sa véritable personnalité.

Le jeu reprenait. Son besoin de sensualité la certainement poussa à dérober la précieuse manchette « Burlesque ». Rubis et diamants ne pouvaient que l’attirer. Sur les toits, une ombre fila. Alors que les notes de « What a Wonderful World » s’invitèrent dans l’habitacle, le jeu connut un épilogue inattendu…