Mécène de notre imaginaire au quotidien, l’Art a la capacité de nous transporter dans de multiples univers, d’élargir nos connaissances et d’éveiller les consciences via des artistes connus, inconnus ou en pleine éclosion. Par envie de fortune ou par conviction, le luxe montre un intérêt certain pour les artistes et les Arts sous toutes les formes. Ruinart n’échappe pas à la règle, à une différence près. La Maison de Champagne voue un véritable engagement à ce domaine, en plus de produire un champagne synonyme d’excellence. Alors pourquoi la Maison Ruinart est-il mécène de l’Art Contemporain ? Quel est l’artiste de cette année ? Quelle est son oeuvre et sa signification ?

ruinart champagne jaume_0413

Si Ruinart est la première maison de champagne au monde grâce au dépôt de l’acte fondateur le 1er septembre 1729 à Reims, celle-ci est également la première a innové dans le domaine de la communication en faisant appel au talent de l’artiste Tchèque, Alphonse Mucha. Nous sommes alors en 1896, le précurseur et prodige de l’Art Nouveau marque les esprits avec une « réclame » qu’il vient de dessiner. C’est une première dans l’histoire de la champagne !

Ruinart Mucha

Nous sommes alors au siècle des Lumières, le courant intellectuel influence, modifie  et impacte le quotidien de la France… La philosophie, la culture, les arts connaitront un regain d’intérêt auprès du peuple mais aussi des grandes maisons… La maison Ruinart fera le choix de porter son attention sur un cépage rare et précieux : le chardonnay pour faire de son champagne un symbole de l’excellence mais également la signature de ses cuvées.

Bien que Ruinart confie sa première « réclame » à un artiste, son interêt pour l’Art ne remonte à cette période. Né sous le règne de Louis XIV, Dom Thierry Ruinart deviendra, ce qui est assez rare pour l’époque, « maître d’Art » en 1674, à l’âge de 17 ans. Dès lors les arts de toutes les civilisations, entreront dans l’histoire de la famille Ruinart et sera transmise à chacun, de génération en génération. Bien qu’attaché à ses origines champenoises, dom Thierry Ruinart vivra à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au cœur d’un faubourg parisien. Quartier par excellence des élites, des penseurs, des bourgeois, ce dernier serait aussi le lieu où les salons littéraires furent côtoyés par dom Thierry Ruinart. À cette époque, les femmes invitaient les auteurs du moment et leurs donnaient l’opportunité de présenter et défendre leurs œuvres au milieu d’artistes et de savants. Les invités avaient également l’occasion de déguster des vins effervescents de Champagne…. Depuis cette époque, le lien entre les Arts et Ruinart n’ont jamais été brisés. Comme pour son Chef de Caves – un artiste de l’ombre devant composer saison après saison une performance artistique à travers la création des champagnes - Ruinart soutient les artistes et leurs laisse « carte blanche » pour « rendre hommage à la Maison, aux cuvées, à l’histoire, au patrimoine ou aux crayères classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. »

ruinart artiste jaume

Jaume Plensa, l’artiste de l’année

Après Mucha, Maarten Baas, Erwin Olaf, quel été l’artiste le plus approprié pour repenser la maison Ruinart à travers une oeuvre ? Pour répondre à cette question, Ruinart a cherché un créateur pouvant retranscrire la philosophie, la culture et les textes de la Maison de Champagne. Les mots et les lettres de ceux-ci ayant une importance fondamentale dans l’histoire de Ruinart mais également dans l’histoire de l’Art, ceux-ci ont davantage été abordés dans la peinture que dans la sculpture. Il y eut d’abord le lettrisme. 

Représentant une tentative de dépassement de l’activité créatrice fondée sur une connaissance approfondie de la kladologie (« science des branches de la culture et de la vie »), le lettrisme est défini par Isidore Isou Goldstein en 1947 dans Bilan lettrisme comme un « Art qui accepte la matière des lettres réduites et devenues simplement elles-mêmes (s’ajoutant ou remplaçant totalement les éléments poétiques et musicaux) et qui les dépasse pour mouler dans leur bloc des œuvres cohérentes ». ll fut l’un des principaux mouvements d’avant-garde après le dadaïsme et le surréalisme.

Pour faire honneur à ce mouvement, il fallait donc un artiste capable d’exprimer bien plus qu’une relation écriture / peinture, celui-ci devait surtout exprimer les alphabets, les cultures du monde, leurs spiritualités, leurs transmissions… et l’esprit visionnaire et érudit de dom Thierry Ruinart, personnage clef dans l’histoire de Ruinart, à la confluence de la philosophie et des Arts.

C’est alors que Jaume Plensa, artiste né en 1955 à Barcelone, devint une évidence. Si son père était fasciné par la littérature et la musique, nul doute que son enfance, entourée de livres, l’ait conduit sur cette voie. Celui qui se rêvait médecin car subjugué par le corps humain est devenu artiste. Toujours subjugué par le corps, c’est à travers la sculpture que sa relation au corps va se matérialiser. Quand à ses ambitions de devenir écrivain ou musicien, ses rêves d’écriture et de musique vont naturellement apparaitre dans ses oeuvres complètement surprenantes.

Après une première exposition à Barcelone en 1980, l’artiste reçoit de nombreuses distinctions comme celle de Chevalier des Arts par la France en 1993, puis le Prix National pour les Arts Plastiques par le gouvernement culturel de Catalogne en 1997 ou encore le Prix Velasquez en 2013. Il devient même docteur honorifique de l’École de l’Art Institute de Chicago en 2005. Cet admirateur de Michel-Ange, d’Alexandre Calder, Antoni Tapies ou encore de Joan Miro, présente dès 1986 une collection de sculptures réalisées à partir de matériaux de récupération comme le fer, le bronze et le cuivre…

Bien qu’engagé sur un art figuratif, Jaume Plensa entame une recherche conceptuelle sur l’effacement du corps, une sorte de « description par l’absence » et s’intéresse à la « condition biologique du langage ». On remarque alors que les lettres forment les cellules qui assemblent des mots, des textes et créent ainsi un organisme vivant en prenant une « forme humaine ». Ses oeuvres, reconnaissables entre toutes dans le monde entier, font de Jaume Plensa un des acteurs les plus importants de la scène artistique contemporaine.

ruinart sculpture jaume_0245

Jaume Plensa pour Ruinart

La relation avec le corps est le grand moteur de mon oeuvre

Le soir de l’inauguration de cette nouvelle collaboration, les invités ont pu découvrir une nouvelle œuvre de Jaume Plensa. Utilisant un acier inox poli aux nuances satinées, les lettres enchâssées forme une sculpture « humaine », laissant subtilement filtrer la lumière.

Pièce unique ayant demandé 5 mois de travail, cette sculpture spécialement réalisée pour Ruinart possède un visage « suggéré », incarnant ainsi « la porte de notre âme » et « un cadeau offert aux gens qui nous regardent »… Chaque lettre, assemblée à la main, crée une seconde peau à la forme qui renaît toujours de façon différente.

Sur sa base, la sculpture possède deux dates emblématiques : 1729 et 2016. Elles incarnent une sorte de code secret, et rappellent surtout la fondation de la Maison Ruinart et celle de la création de l’œuvre.

ruinart jaume_coffret

Bien sûr, les amateurs de Champagne Ruinart et d’Art pourront profiter du Coffret Ruinart Blanc de Blancs, calligraphié « Jaume Plensa pour Ruinart », réalisé en 20 exemplaires. Contenant un magnum de Ruinart Blanc de Blancs, ce coffret a été réalisé par les ateliers de l’Orfèvrerie d’Anjou, maison fondée en 1710. Comme la sculpture de Jaume Plensa, le coffret laisse passer la lumière pour révéler un flacon de Ruinart Blanc de Blancs. Un hommage à l’éclat rayonnant du chardonnay, cépage emblématique de la Maison !

Un mot est un pont entre toi et moi, entre nous et les autres, invisible