Artiste connu et reconnu pour son art, jonOne revisite la bouteille d’Hennessy Very Special 2017. Le Street Artist né à Harlem illumine la bouteille et son coffret avec des couleurs vibrantes et graphiques. Ainsi les symboles de la Maison Hennessy comme les 3 étoiles et le nom Hennessy se confrontent à l’univers de l’artiste. Le tag signature et les graffitis de JonOne habillent la bouteille 70 cl de l’édition limitée Hennessy Very Special JoneOne et de son coffret, ainsi que sur l’édition de 150 cl. Cette dernière sera d’ailleurs proposée dans un pot de peinture, en écho à l’univers du peintre, à son atelier et à sa manière de travailler. Lancée cet été aux États-Unis, la bouteille revisitée sera disponible dans près de 50 pays et arrivera en France en septembre.

La Maison Hennessy accueillera, dès le 27 juin 2017, au sein de son circuit de visites à Cognac, une exposition capsule de l’artiste. À cette occasion, le visiteur entrera dans les coulisses du processus de création de l’édition limitée Hennessy Very Special et pourra découvrir les sources de son inspiration puisées dans l’histoire et les savoir-faire de la Maison. Cette exposition éphémère dévoilera les principes de sa technique de superposition et révélera des créations aux couleurs graphiques.

Date de l’exposition: du mardi 27 juin au samedi 4 novembre
Entrée libre: 9h00-19h00 tous les jours

Pour ce rendez-vous un acteur du luxe, découvrez maintenant l’interview complètement atypique de JonOne, un artiste décidément pas comme les autres !

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Franck Demaury : Comment pourriez-vous vous définir en quelques mots JonOne ?

JonOne : JonOne, Collaboration, Abstraction, énergie, histoire, collaboration, voyageur, curiosité, culture. La culture c’est ma vie.

Franck Demaury : Pourquoi JonOne ?

JonOne : JonOne c’est mon nom d’artiste, de graffeur, de Street Artist. JonOne c’est aussi une manière d’être égocentrique, tout doit tourner autour de moi, tel un besoin de reconnaissance. J’ai besoin d’être reconnu.

Franck Demaury : Pourquoi ? D’où vous vient ce besoin de reconnaissance ?

JonOne : Je pense que j’ai cette personnalité ! Depuis toujours, j’ai ce besoin. C’est une angoisse ! C’est un réel besoin. Je ne sais pas pourquoi réellement j’ai ce besoin. J’ai un ami très riche. Il fait du business partout dans le monde, pourtant, il est « anonyme ». Personne ne le connait et il ne veut pas être connu ! Moi, j’ai moins d’argent que lui mais j’ai ce besoin d’être reconnu. C’est deux ambitions différentes. Cet homme est content car il habite dans de grandes maisons, fait du ski, organise des grands diners. Et moi, je suis ici, entre ces quatre murs, dans mon art, à chercher cette reconnaissance.

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Franck Demaury : Etes-vous arrivé aujourd’hui à atteindre la reconnaissance recherchée ?

JonOne : Non, on y arrive jamais. C’est vraiment angoissant. A quel moment, on peut se dire « Ok, j’ai réussi à être reconnu ? ». C’est un point que j’ai à travailler. C’est une angoisse de mon enfance. Je sais que mon temps est limité et je me demande toujours comment je vais laisser une trace ! Comment je vais tromper la mort ? J’ai envie d’être comme les Egyptiens. Eux, avec les pyramides, ils ont laissé une trace dans le temps. Elles rayonnent … Et moi, j’ai envie d’être le Dieu JonOne.

Ce n’est pas une question d’argent mais vraiment d’être connu et reconnu. Quand on m’a proposé Hennessy et cette collaboration, j’ai sauté sur l’occasion. Ce n’était pas parce que j’allais toucher l’argent mais parce que c’était une nouvelle collaboration et parce que je serai encore plus connu et reconnu.

Franck Demaury : Comment commence une collaboration ? Comment l’abordez-vous ?

JonOne : J’en fais beaucoup. Je travaille avec des marques qui ont une relation spéciale avec des artistes. J’ai été amené, une fois, à faire une collaboration avec Coca Cola. Je ne l’ai pas fait car il n’y avait pas d’intérêt. Je n’étais pas inspiré.

Avec Hennessy, j’ai accepté car ils sont vraiment attachés aux artistes, au travail français. De plus, cet attachement à l’artisanat n’existe pas vraiment aux Etats-unis. Pour moi, tout ce qui est fait avec les mains, les hommes, avec une âme, m’attire. La France fait rêver le monde entier grâce au luxe.

Le luxe c’est quoi ? C’est donner de l’amour. JonOne, c’est quoi ? C’est donner de l’amour. Mes toiles donnent de l’amour ! J’ai le même amour pour faire mes toiles que eux ont de l’amour pour faire du Cognac.

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Franck Demaury : Etes-vous aller à Cognac pour aller voir la fabrication ?

JonOne : Oui, j’y suis allé pour la première. C’est très particulier comme région. Elle a un visage particulier ! C’est assez incroyable comme région.

Franck Demaury : Aviez-vous un brief ou un fil rouge rouge à suivre ?

JonOne : Oui, bien sûr mais j’ai l’habitude de devoir suivre une idée. Quand je peignais dans le métro à New York ou lorsque je faisais des murales (oeuvres sur les murs) dans les rues, je devais travailler avec d’autres artistes. Les Murales sont des oeuvres collaboratives et non individuelles. Mon travail était de construire un thème avec d’autres personnes. L’idée est de bâtir quelque chose ensemble.

Avec Hennessy, une collaboration va dans le même sens. Bien sûr, ils ont envie de mettre leur nom à tel endroit, le logo et la date de telle manière. J’ai dû intégrer leurs éléments dans mon oeuvre, dans mon style. Quant aux couleurs, j’étais libre.

Le projet ne consistait pas simplement à faire la bouteille. Il fallait créer un ensemble de choses. Nous avons donc créé des vidéos, un livre, un événement dans 12 pays pour compléter cette oeuvre et délivrer un univers entier pour les clients.

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Franck Demaury : Vos toiles … que pouvons-nous lire dessus ? Que livrent-elles comme secrets et comme mystères? Quelles sont les symboliques ?

JonOne : Mes toiles ? C’est de l’énergie. J’ai un ami qui a une toile et il me dit « Jon, à chaque fois que je me réveille, ça me donne la pêche ! » C’est Claude Bartolone (Président de l’Assemblée Nationale) qui me dit ça !

C’est un peu comme Hennessy ! « Never stop, never settle » … J’essaie de livrer une certaine énergie, une certaine joie de vivre. Vous savez, le travail d’artiste est très dur, ce n’est pas une vie de bisounours. Le fait de vivre avec un artiste est quelque chose de très dur car nous avons des angoisses, des peurs. Faire des projets comme celui-ci, faire des expositions … C’est vraiment compliqué pour ceux qui partagent votre vie. Les personnes du quotidien doivent supporter nos angoisses. Et pour moi, les gens me font exister. J’ai besoin de vous pour exister !

Etre artiste, c’est se donner à 100%, c’est être présent ! Mon art, c’est de l’abstraction. Il y a un côté magique. Pour moi, mon travail c’est comme si je touchais un peu à la folie. Quand je regarde mes toiles et c’est comme si je plongeais dedans, comme si nous passions de l’autre côté. On regarde les toiles de JonOne et nous sommes aspirés par la couleur. Pour moi, être artiste, c’est une perte de contrôle ! Pour moi, 1 + 1 = 3 ! Parfois, tu fais une chose à répétition et tu perds la notion de ton art !

J’ai un ami graffeur qui s’appelle O’Clock. Il a fait tellement de tags, tellement d’oeuvres que ça a pris un autre sens, c’est devenu n’importe quoi. Tellement n’importe quoi qu’un autre graffeur l’a planté avec un couteau dans sa jambe pour l’arrêter ! Vous imaginez ça ! Quelqu’un de notre milieu plante un autre artiste !!!!

Mais O’Clock était partout dans Paris avec ses tags ! C’était tellement trop que c’était devenu de l’art ! C’était une folie … une bonne folie !

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Franck Demaury : Aujourd’hui vos oeuvres se vendent à des milliers d’euros. Qu’est ce que cela vous fait ? Quel est votre regard sur ce phénomène ?

JonOne : Je pense que ça vaut plus que ça (rire) ! Mes toiles valent quelque chose mais je ne reste pas sur mes acquis. Avant, ma plus grand démarche était de vendre une création. C’était de savoir comment j’allais avoir le minimum pour vivre.

Avant, à New York, je travaillais dans une société et je voulais savoir comment on pouvait vendre de l’art. Un de mes collègues m’a dit « Tout ce que tu as à faire, c’est faire de l’Art et tout le reste viendra naturellement à toi« . En arrivant en France, je n’étais pas dans l’optique de vendre des choses. Ma seule ambition était de pouvoir peindre tous les jours !

Avoir beaucoup d’argent peut être mauvais. L’argent permet d’équilibrer la vie et de s’acheter des choses mais l’Art vaut bien plus que ça ! L’Art et l’argent sont liés bien sûr mais les valeurs que l’on met dans une toile vont au-delà des valeurs de l’argent ! On donne beaucoup de nous, de notre histoire, de nos propres valeurs dans nos oeuvres.

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Franck Demaury : Avez-vous vu une évolution de l’Art entre vos débuts et aujourd’hui ?

JonOne : Ah oui, ça n’a rien à voir. Les relations avec les galeries, avec les collectionneurs, avec ces nouveaux « amis » .. tout est différent ! C’est vraiment difficile ! Des personnes font des fausses toiles de moi et les vendent ! C’est horrible ça ! Il y a des gens qui cherchent à faire de l’argent facile ! On a souvent des nouveaux amis qui veulent « vous aider ». Il faut s’en méfier car ce qu’ils veulent c’est juste faire de l’argent !

Franck Demaury : Selon vous, pourquoi le Street Art a connu un succès phénoménal, avant de chuter et de renouer avec un certain regain d’intérêt ?

JonOne : Parce que c’est notre génération ! Avant nos prédécesseurs sont restés sur leurs acquis. Ils avaient une façon de voir le monde, de voir l’Art ! Il y a eu une évolution avec notre génération. Cependant, notre génération connaitra le même destin !

Franck Demaury : Est ce que votre Art est influencé par le monde (la politique, la géopolitique) ?

JonOne : Non, je ne crois pas ! Je pense que mon Art est influencé par mon quotidien et non par le reste ! Ma vie est compliquée. J’ai mon travail, ma vie privée. Tout le monde me connait comme JonOne mais quelle est la part entre ma vie privée et ma vie professionnelle ?

En 2015, j’ai fait 6 expositions à travers le monde et divers projets. Ma vie privée est finalement passée au second plan. J’ai tout donné à l’Art. Ma femme m’a quitté, mes enfants m’ont rejeté ! J’ai beaucoup travaillé pour ma passion ! Ma peinture est ma passion et on ne peut pas m’enlever ça !

Franck Demaury : Comment commencez-vous une toile ?

JonOne : J’ai déjà l’idée dans ma tête avant de commencer ! Dès que j’arrive, je sais ce que je vais faire !

Franck Demaury : Pour vous, à quoi sert à l’Art ?

JonOne : L’Art sert à tout et à rien ! L’art donne du sens à la vie. Tu vois des gens sans Art et c’est triste !

Franck Demaury : Vous pensez que votre Art est devenu du luxe ?

JonOne : Mon art n’est pas snobe ou élitiste. Ma peinture est accessible! Elle a un coté populaire ! On peut acheter des peintures JonOne sans avoir beaucoup d’argent !

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Franck Demaury : Un conseil pour un jeune artiste ?

JonOne : C’est de ne pas vouloir devenir célèbre ! L’art n’est pas une carrière ! L’art c’est qui tu es ! Il ne faut pas chercher à être célèbre ! L’art, c’est vivre sa passion ! L’Art c’est quelque chose qu’on ne peut pas me retirer. C’est quelque chose qui me fait me réveiller le matin et vivre au quotidien.

Pour moi l’Art, c’est vivre sa passion pour le meilleur et pour le pire, comme moi. J’ai eu la chance que ça fonctionne mais pendant des années, je n’ai rien gagné. C’était compliqué pour moi. J’étais considéré comme l’artiste raté de la famille. Pendant des années et des années, j’étais considéré comme la personne spéciale jusqu’au jour où j’ai commencé à gagner de l’argent ! Là, le regard des gens à changer ! Les gens ont dit que « ce je faisais maintenant était intéressant » ! Pourtant, ce que je faisais dans la rue était tout aussi intéressant ou important ! Mon travail maintenant n’est pas plus intéressant que ce que je faisais dans le métro ! C’était aussi important ! C’est simplement différent ! Avant je devais fuir la Police, maintenant je fuis les escrocs et les voleurs !

Franck Demaury : Avec qui aimeriez-vous collaborer ?

JonOne : Oui, avec le Musées des Arts Modernes.

Franck Demaury : Un musée où vous aimeriez exposer ?

JonOne : Le Musée des Arts Modernes.

Franck Demaury : Quand vous êtes arrivé en France, vous fréquentiez le milieu du Hip Hop et du Rap ! Avez-vous remarqué une évolution de cet Art ?

JonOne : Oui oui, j’ai vu ça. Quand je suis arrivé de New York, j’habitais au 110 rue de la Roquette, à côté de Radio Nova. J’ai été présenté à Jean-François Bizot, le Fondateur de cette radio. Je trouvais ça génial et c’était totalement différent de New York où tout était catégorisé ! Ici, c’était un mélange de cultures et d’Art. Je me suis dit « Wahou c’est ça la France ». Il y avait Joey Starr et tant d’autres. Puis NTM, IAM, Assasin, et mon ami Saïd Taghmaoui dans La Haine ont fait évoluer le milieu. Mon art a été inspiré par les cris de NTM. Les cris de NTM c’était un peu pour dire « quelle chance, quelle chance de vivre en France ». Ils ont voulu bousculer les codes, casser les codes ! C’était nécessaire pour faire évoluer les choses !

Aujourd’hui, ça a changé ! La génération Doc Gynéco a tout cassé ! Aujourd’hui, on a Maitre Gims … J’ai mangé avec lui à Cannes d’ailleurs ! Ma fille l’adore ! Je respecte ce qu’il fait sans forcément adhérer !

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Franck Demaury : Quelle musique vous influence aujourd’hui ?

JonOne : J’aime PNL mais en vrai je ne change pas la musique que j’ai toujours aimée ! J’ai écouté une bonne musique hier, c’est Christine & The Queens. J’aime bien ! Il y a de la créativité. Ca me rappelle mon arrivée dans les années 80 où il y avait les Rita Mitsouko, Téléphone, Jean-Louis Aubert et toutes les vidéos associées à ces groupes. C’était inspirant !

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L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTE. A CONSOMMER AVEC MODERATION.