Arik Levy Designer

Il travaille les contradictions et raconte que « le design est un muscle qui ne se contrôle pas », Arik Levy s’expose à travers le monde, dans les musées les plus prestigieux. Designer révolutionnaire d’une génération en quête d’attention médiatiques, Arik Levy a quant à lui tendance à fuir ce syndrome de glorification, gardant comme fil conducteur : surprendre de par ses créations et apporter une vraie définition au mot « design ». Arik Levy se confie à LuxuryDesign.

FD : Arik, pourriez-vous nous raconter vos débuts dans le design ? Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Je pense que je suis né avec… Il s’agit plus d’instinct que d’un choix que j’ai fait au cours des années. Il est intuitif et naturel pour moi de créer et modifier ce qui est autour de moi. Après ma première exposition de sculptures en plein air en 1986, j’ai réalisé à quel point il était complexe de vivre de l’art. Je ne voulais faire aucun compromis et je devais trouver la meilleure façon pour gagner ma vie, enrichir mes connaissances et rester créatif. Le design fut une excellente façon de le faire, mieux que d’être un barman selon moi.

FD : Comment le design a évolué depuis vos débuts ? Y a-t-il une évolution ?
Le «design» a beaucoup changé, c’est sûr. Il est encore dans une phase de transition. Selon moi, le design évolue en fonction de votre âge et de votre expérience de la vie. Vous apprenez à voir et à réagir en fonction des événements. Puis, vous analysez et donnez des interprétations aux sentiments/ ressentis.

FD : Selon vous, pourquoi existe-t-il des différences importantes sur la définition du mot « Design » entre la France et les pays nordiques (Suède, Finlande..) et les pays du sud ?
Il est normal que tous les pays … ou devrais-je dire « identités culturelles » voient le monde différemment et interagissent avec lui d’une manière qui corresponde mieux à leur environnement social et culturel. Le design a une mission, une responsabilité. Il apporte parfois des réponses et pose souvent des questions auxquelles il faut répondre. D’une manière générale, il participe au processus d’amélioration de la vie quotidienne.

FD : Quel artiste vous a influencé ?
En plus de la nature… Leonard de Vinci. Il a été tellement incroyable dans tous les domaines. Un visionnaire !

FD : Vos sculptures mélangent souvent le vide, le reflet et la transparence. Pourquoi ce choix ?
Ce n’est qu’un aspect pouvant apparaître comme dominant … Les matières reflètent un nouveau monde et composent un nouvel environnement que l’œil ne peut pas faire. ElIes apportent des éléments émotionnels et créent des effets visuels qui ne seront jamais répétés.

FD : Parmi vos créations, quelle est celle qui a eu le plus de succès ?
Je suis trop jeune pour voir les choses de cette façon …. et ne peut même pas dire ce qu’est un succès. La seule chose que je peux constater est l’espace que les collectionneurs cèdent dans leurs maisons et le cœur pour mes œuvres. Je travaille sur de nombreux projets en même temps. J’essaie de regarder la façon dont j’évolue.

FD : Avez-vous déjà refusé de faire une œuvre pour un client en particulier ? Si oui, pourquoi ?
Le refus n’est pas une solution … Je trouve qu’il est difficile de surmonter les problèmes et faire bouger les choses. Je dois refuser quand je me rends compte que les conditions de l’espace ne permettent au travail d’être à son plus haut niveau. Parfois, je propose une autre création si je pense que l’œuvre choisie par le collectionneur n’est pas parfaite dans l’espace.

FD : Quelles sont vos envies ?
Etre en mesure de ne pas dormir et continuer de travailler pour aller de l’avant.

FD : Quelle est la question que vous aimeriez qu’on vous pose ?
Je préfère écouter en premier. Ça empêche toutes les réactions ou choses non contrôlées que je veux dire.

FD : Si vous deviez poser une question à une personne, qui serait-elle ? Que lui demanderiez-vous ?
Je dirais «fermez les yeux et dites-moi ce que vous voyez».